Lettre d’informations septembre 2007
Avec la reprise de notre activité en cette année dédiée au Père Brisson, notre fondateu, vous trouverez comme de coutume des éléments sur la vie de notre province.
Père Michel Tournade
Décès
Père Rory O Sullivan.
Si le grain de blé ne meurt, il reste seul, mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.
La longue vie de notre confrère, le père Rory O Sullivan a porté du fruit dans l’oblation qu’il a prononcée dans la vie religieuse des oblats de saint François de Sales.
Le père Rory O Sullivan est né outre-manche, et cela, croyez-moi, il ne l’a jamais oublié, à Northfleet dans le Kent, il aurait fêté son 99° anniversaire le 18 juillet prochain.
L’histoire de son engagement personnel avec son Dieu commence tôt. En 1918, l’Europe est à feu et à sang, l’Angleterre est dans le camp des vainqueurs mais elles est exsangue. . Rory, lui, est écolier et vient de finir ses classes primaires. Il est habité d’une certitude du haut de ses 10 ans en annonçant à ses parents qu’il veut devenir prêtre.
Sa famille prend cette requête enfantine au sérieux, se renseigne. Il est trop jeune pour entrer dans une structure de son diocèse anglais mais les sœurs oblates de saint François de Sales lui indiquent une possibilité en France.
C’est ainsi qu’à dix ans, ce petit anglais plonge dans un univers dont il ignore tout : La France, la Dordogne. Il lui faut apprendre une langue nouvelle et vivre des années et des années loin des siens. Pour autant l’enfant ne sera aucunement abandonné par sa famille. S’il gagne rapidement en autonomie et en détermination les liens sont toujours forts avec ses parents qui le mettent chaque année devant le choix de revenir ou de poursuivre l’expérience. Jusqu’au bout, Rory est resté très proche de sa famille, de ses sœurs, lié par une affection que cette éducation séparée n’ont pas effacés mais ont semblé au contraire rendre plus solide
Bon élève, distançant souvent ses camarades notamment en grammaire française, l’adolescent devient un jeune homme qui est reçu en 1924 au noviciat d’Albano en Italie. De solides études universitaires à Rome puis à Fribourg lui apportent un bagage intellectuel qu’il aura à cœur de toujours parfaire par la suite. On s’arrache ce jeune religieux doué que la province américaine aimerait bien accueillir dans ses rangs. Il restera en France.
Prêtre en 1931, le jeune oblat est nommé à Saint Michel d’Annecy comme professeur l’année suivante, il n’a que 24 ans.
Une longue et tranquille carrière d’enseignant semble se dessiner pour ce jeune religieux polyglotte très marqué par son expérience internationale. Mais en 1939 la guerre éclate. Sujet britannique, il risque gros avec l’avancée des troupes de l’axe et doit quitter clandestinement le territoire national pour rejoindre sa patrie dans des conditions parfaitement rocambolesques.
Il se met alors au service de son pays où ses qualifications d’éducateur le désignent pour accompagner le convoyage des enfants de Londres évacués vers l’Amérique et le Canada afin d’échapper aux bombardements de la Luftwaffe. Hélas les U-boat sont lancés en meutes dans les eaux glacées de l’atlantique nord et le navire qui emmène les enfants, torpillé, sombre en quelques minutes. Educateur, le père Rory se retrouve sur une embarcation de sauvetage battue par les embruns glacés, en charge de son groupe d’enfant qu’il avait pu diriger en bon ordre lors du naufrage. Les heures d’errance au milieu des flots seront pour notre confrère une expérience à jamais inoubliable . Découragement, détresse, espoir, foi, courage, tout ce que peut vivre la nature humaine marque ces jeunes victimes et le père qui se doit de faire face, jusqu’au bout. Les chances de survie étaient minces, aucun de ces enfants pourtant ne périra.
Peu rancunier envers le milieu marin, le père s’engage ensuite dans la Royal Navy dont il endossera l’uniforme avec fierté. Prêtre, il ne porte pas les armes et accomplit un travail considérable dans le soutien moral et spirituel auprès des marins et officiers embarqués sur divers grands navires. Il fera ainsi plusieurs fois le tour du monde, gardant toujours ensuite une aspiration pour les grands horizons. Enfin, après 8 ans d’aventures et alors qu’une messe de requiem avait été célébrée dans les communautés oblates où sa mort en mer avait été annoncée, il abandonne à regret l’élégante tenue bleue de officiers de sa majesté pour reprendre la vie religieuse et communautaire des oblats. Sa nostalgie du large se traduira par une permission donnée par ses supérieurs d’entretenir un voilier sur le lac grâce auquel il sut donner goût à la navigation à des dizaines de jeunes annéciens. Beaucoup lui devront une vocation d’officier de marine civile ou militaire.
Professeur d’anglais, enseignant aussi longtemps qu’il le put drapé dans une soutane impeccable qu’il portait comme une toge de maître d’université, le père était une figure emblématique de l’établissement. Ses méthode très exigeantes mais toujours marquées d’une forte dose d’humour très britannique, ses remarques parfois décapantes mais qui savaient solliciter durablement les énergies étaient proverbiales. A ceux qui n’apportaient pas assez de travail, il lui arrivait de faire remarquer qu’ils retardaient la classe qui devait toujours s’aligner sur la progression du moins rapide. Il ajoutait ensuite : c’était pareil avec les convois de bateaux dans l’atlantique nord, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons été torpillés... A la fin de sa carrière, il lui était arrivé d’avoir enseigné au père et au grand père de l’élève qu’il avait en face de lui…
Féru de nouveautés, le père Rory était aussi un bon technicien à l’affût des innovations technologiques, tout autant qu’un excellent photographe et cameraman. Mais bien davantage encore, le père Rory était aussi, profondément, un homme de foi, un prêtre qui aimait faire découvrir le chemin spirituel où il trouvait son bonheur.
Son rayonnement international le faisait apprécier de tous . Il était de toutes les réunions internationales tout comme il était à l’aise dans le milieu cosmopolite de la principauté de Monaco où il allait effectuer des remplacements l’été.
Le provincial de l’une de nos provinces américaines m’a fait parvenir le message suivant que je me dois de prononcer en anglais en souvenir de celui qui fut mon propre professeur :
Although Fr. Rory was English by birth he spent his entire religious
life at St. Michel in Annecy. Visitors to Annecy will remember his
most gracious hospitality to everyone who came there. Many Oblate
visitors were given the full Annecy tour by Fr. Rory. For many years
he was also a translator, English to French and French to English at
our international meetings and Chapters.
Not only was the French Province blessed by his gracious and faithful
presence all these years, but so too was the entire congregation.
To our confreres of the French Province we of the Toledo-Detroit
Province offer our heartfelt condolences and join in thanking God for
the gift of this great man. And now, in the company of St. Francis de
Sales and all our holy patrons and protectors we
return to God the gift He gave to us for 98 years.
Merci, père Rory O Sullivan, pour tout ce que vous avez su apporter pendant ces très longues années à votre famille, à la communauté des oblats de saint François de Sales, à vos si nombreux élèves, à vos très nombreux amis et à l’Eglise du Christ.
Nominations
Mercury
Le père Stéphane Raux, à l’issue de son année sabbatique, est nommé pour trois années à partir de septembre 2007 dans la communauté de Mercury (Savoie) au service de l’archidiocèse de Chambéry. Le père Stéphane Raux accomplira une mission diocésaine dans la pastorale du tourisme et de la montagne.
Troyes
Le père Michel Tournade, suite à la décision du dernier Chapitre général et sur sollicitation du père Aldino Kiesel, supérieur général, résidera désormais à Troyes.
Bénin
Admission aux vœux
Les novices Luc Ametodou, Boris Houengnissou et Oscar Tawema sont admis à célébrer leur première profession.
Les candidats Patience Aimé Bondeko Molôo et Brice Degbey sont admis au postulat.
Voyage hors frontières.
Deux voyages ont été organisés cet été sur des continents pour permettre à des jeunes de découvrir des rélités différentes de celles de l’Europe et cela en lien avec les oblats.
En Afrique (Bénin et Burkina) avec le père Thierry Mollard pour des jeunes de la région de Vienne (Isère)
Au Brésil avec le frère Thierry Marcoz et le père Carlos de Borba.
Merci à ces confrères pour ces initiatives humainement très riches.
Entretiens salésiens.
A Troyes puis au Bénin, des entretiens salésiens ont permis de très bons échanges sur notre spiritualité. Merci au père Jean-Luc Leroux qui est la cheville ouvrière.
Rencontre d’été des supérieurs majeurs.
L’université de Sales à Allentown (Pensyllvanie, USA) a accueilli et sponsorisé une rencontre des supérieurs majeurs au mois d’aout et une session sur la formation salésienne dans la congrégation. L’accueil a été généreux et les rencontres très intéressantes à partir de conférences données à la fois d’un point de vue théologique et salésien.
Année du père Brisson
Une réunion des supérieurs majeurs et un colloque sur le père Brisson seront organisés du 31 janvier au 7 février 2008 à Troyes pour commémorer la mort du père Brisson (2 février).
Cette rencontre aura lieu à la maison diocésaine Notre Dame en l’Isle.
Retenez dés maintenant la date de notre prochain chapitre provincial
Mercredi 13 février 2008
A Annecy
De 10h00 à 18h00