Les Oblats de Saint François de Sales
au service de la jeunesse

Maison provinciale
30 faubourg des Balmettes
74000 ANNECY
tél. 04 50 51 50 74
 
Saint François de Sales, un guide spirituel pour aujourd’hui
Parce qu’il était passionné pour Dieu et pour l’homme, son regard sur les personnes était foncièrement optimiste et il ne manquait jamais de les inviter, selon son expression, à fleurir là où elles ont été semées. Aujourd'hui encore, et je m'en réjouis, les œuvres de François de Sales font partie de la littérature classique; c'est le signe que son enseignement sacerdotal et épiscopal trouve un écho dans le cœur des hommes et rejoint leurs aspirations profondes.
Jean-Paul II, lettre à l’évêque d’Annecy, décembre 2002.
 
François de Sales est une figure très marquante de l’histoire de l’Eglise. Homme de la fin de la Renaissance (1567-1622), il s’enthousiasma pour cette époque baroque dans laquelle la société tout entière semblait pourtant être saisie de vertige ... De nombreux éléments se conjuguaient alors pour faire vaciller les fondements culturels d’un monde que l’on avait cru immuable. La découverte du Nouveau-Monde, les idées novatrices sur la cosmologie avec Copernic et Galilée, la généralisation de l'imprimerie avaient révolutionné les mentalitésPar ailleurs, la redécouverte des sources occidentales de la culture grecque, latine et hébraïque, une nouvelle manière d'interpréter le christianisme avec la Réforme, et bien d’autres éléments encore, donnaient à beaucoup le sentiment que la culture se décomposait et se recomposait d’une manière stupéfiante.

Avec un optimisme conquis de haute lutte (François de Sales était passé dans son enfance par des phases de désespoir spirituel intenses à la suite de l'enseignement pessimiste qui était alors dispensé à l'Université), François de Sales développa une conception de l'homme, du monde et de la pédagogie qui nous semble aujourd'hui encore d'une rare pertinence.

Voici quelques rapides éléments de cette pédagogie :

- Une certaine idée de l'homme : Pour François de Sales, tout homme est image d'un Dieu créateur bon et aimant. De ce fait, naturellement attiré vers le bien s'il répond à sa vraie nature, l'homme est invité à développer en lui des ressources insoupçonnées qui fondent son dynamisme intérieur. En cela François de Sales a pu dire que chacun, quelque soit son état, (il parle même des soldats, domestiques ou commerçants au même titre que les religieux) est appelé à la sainteté.
Cette vision de l'unicité de tout individu induit une pédagogie du développement personnel et de la liberté.

Pour François de Sales en effet, Dieu n'a pas voulu un modèle unique, idéal et à imiter mais une perfection qui est la réalisation de chaque individualité particulière.
La pédagogie salésienne n'a donc pas en tête la recherche d'un type particulier d'élève qu'elle devrait modeler en fonction d'un idéal. Elle se doit de chercher au contraire ce qui peut assurer le développement de chacun selon ses particularités.

- Une certaine idée du monde : Pour François de Sales le monde est à aimer. Passionné par toute l'effervescence de l'humanisme de son temps, il invite le pédagogue salésien à demeurer étonné et ouvert à tout ce qui fait progresser l'humanité. En cela, un effort rigoureux est requis tant dans le sérieux de l'acquisition des connaissances que dans l'honnêteté intellectuelle qui permet d'appréhender un monde nouveau. Mais toute science, toute découverte, toute avancée technologique se doit de chercher un sens qui laisse l'homme au centre du dispositif. Cet effort est toujours un défi à renouveler pour la formation de l'esprit.

- Une certaine idée des relations entre les hommes. Pionnier du dialogue avec les Protestants, passionné par la relation humaine et, de ce fait, en correspondance avec des femmes et des hommes de diverses nations, François de Sales invite à une ouverture très large. Les Etablissements salésiens s'inscrivent de ce fait dans une logique d'accueil et de relations internationales très suivies mais aussi dans une tradition qui favorise échanges et dialogues à tous les niveaux.

- Une certaine idée de la relation à Dieu. François de Sales pose le principe, nous l'avons vu, que tout homme possède des ressources spirituelles fondatrices. Prenant acte des goûts et modèles de ses contemporains, il a voulu rendre la relation à Dieu attrayante et aisée. Aujourd'hui encore, des moyens toujours nouveaux sont requis pour annoncer l'Evangile. La pédagogie salésienne se veut inventive pour proposer aux générations nouvelles le chemin de la rencontre avec Dieu.

Les oblats et oblates de Saint François de Sales

François de Sales avait rêvé de fonder une congrégation masculine qui serait le pendant de l’ordre de la Visitation fondé à Annecy avec sainte Jeanne de Chantal. Son vœu ne fut pas exaucé de son vivant mais permit, beaucoup plus tard, au XIX° siècle de voire éclore nombre de communautés salésiennes. Parmi elles, les Oblats de Saint François de Sales ont vu le jour à Troyes, en 1874, avec l’Abbé Louis Brisson. Ce prêtre diocésain, fort apprécié par son Evêque pour son dynamisme était à la fois enseignant et aumônier du monastère de la Visitation de Troyes. C’est la supérieure de la Visitaiton qui arriva à le persuader, non sans mal, de fonder une congrégation de prêtres oeuvrant selon l’esprit de Saint François de Sales.

Il faut dire que l’abbé Brisson était un scientifique. « Ce bon abbé connaît les mathématiques comme Pascal, la mécanique comme Watt et, de plus, il a la modestie de l’esprit » a-t-on écrit à l’époque à Hector Berlioz ; et on peut voir encore en fonction une des horloges astronomiques qu’il a construites et qui fut primée à l’exposition internationale de 1900. Aussi, les intuitions spirituelles de la supérieure du monastère de la Visitation lui apparaissaient-elles souvent bien étranges. Ces deux personnes si différentes l’une de l’autre et pourtant très complémentaires furent à l’origine de la fondation des oblates et des oblats de saint François de Sales.
Emu par la condition difficile des jeunes ouvriers et ouvrières de l’époque, l’abbé Louis Brisson, fonda en 1858 des oeuvres de jeunesse, destinées à leur apporter aide et réconfort. Pour assurer leur fonctionnement il fonda d’abord la Congrégation des Sœurs Oblates de Saint François de Sales (« Oblat, Oblate » vient du latin et signifie « donné », « offert »). La première Supérieure, la Mère Léonie Aviat a été canonisée en 25 novembre 2001.
L’occasion de fonder la congrégation masculine se présenta un peu plus tard, quand l’Evêque de Troyes demande à l’abbé de redonner vie à une école catholique troyenne en train de sombrer. Après de nombreuses péripéties, l’abbé Brisson réunit des prêtres autour de lui qui acceptèrent de le rejoindre dans la vie religieuse salésienne. Ainsi, en 1875, les premiers Oblats de Saint François de Sales ouvrirent le collège Saint Bernard à Troyes.

En France, l’extension de la Congrégation des oblats de saint François de Sales fut alors rapide ; de nombreux établissements scolaires virent le jour. Parallèlement ; les Oblats acceptèrent de se voir confier des missions en Afrique du Sud, au Fleuve Orange, en Amérique du Sud puis en Amérique du Nord. Les lois de « séparation » de 1904 Imposèrent en France la fermeture de toutes les oeuvres... et la dispersion des Oblats et Oblates dans toute l’Europe. Ce fait permit la création de communautés en Allemagne, Autriche, Suisse, Hollande et Italie.
Le retour de la communauté sur le sol français fut tardif et resta modeste dans son développement.
Actuellement, la Congrégation regroupe un peu moins de 800 religieux (prêtres et frères). Elle possède 8 provinces, 2 régions missionnaires. Elle a inauguré des fondations prometteuses en Inde, au Bénin et en Colombie.
En France, elle oeuvre dans des paroisses, des aumôneries et 2 établissements scolaires 5Saint Bernard à Troyes et Saint Michel à Annecy).

Les sœurs oblates, également frappées par les lois d’expusion des religieux et religeuses se sont par la suite davantage réimplantées en France où leurs œuvres sont nombreuses dans le secteur éducatif et social, tout particulièrement dans le diocèse de Troyes.